L’île lointain.

“Ciel est toujours aussi bleu…”

Ile lointain

Je suis né dans une île amoureuse du vent,
Où l’air a des odeurs de sucre et de vanille,
Que bercent, au soleil du tropique mouvant,
Les flots tièdes et bleus de la Mer des Antilles

Sous les brises, au chant des arbres familiers,
J’ai vu les horizons où planent les frégates
Et respiré l’encens sauvage des halliers
Dans ses forêts pleines de fleurs et d’aromates.

Cent fois je suis monté sur ses mornes en feu
Pour voir à l’horizon la mer splendide et nue,
Ainsi qu’un grand désert de sable bleu,
Border la perspective immense de la mer.

Contre ces souvenirs, en vain, je me défends.
Je me souviens des airs que les femmes créoles
Disent au crépuscule à leurs petits enfants ;
Car ma mère, autrefois, m’en apprit les paroles.

Et c’est pourquoi, toujours, mes rêves reviendront
Vers ces plages en feu, ceintes de coquillages,
Vers les arbres heureux qui parfument les monts,
Dans le balancement des fleurs et des feuillages.

O charme d’aborder en rêve au sol natal
Où pleure la chanson des longs filaos tristes,
Et de revoir, au fond du soir occidental,
Flotter la lune rose au faîte des palmistes.

Daniel Thaly.

 

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